Bohumil Hrabal, « tendre barbare »
22 juin 2010 -C’est sans doute l’écrivain tchèque le plus connu après Milan Kundera. Bohumil Hrabal a été abondamment traduit en français et nombre de ses ouvrages sont disponibles à la Librairie en bas de l’Institut français de Prague.
Né à Brno, Bohumil Hrabal (1914-1997) est également très associé au quartier ouvrier de Libeň à Prague, quartier où il a beaucoup travaillé, vécu et écrit. C’est sa vie et la vie des gens autour de lui qui l’ont inspiré pour ses nombreux romans. Ses principaux chefs d’oeuvre sont traversés par l’humour, souvent noir et grinçant, humour très tchèque qu’il a su fixer par des mots et personnaliser. Mais l’humour ne suffirait pas à faire une grande oeuvre littéraire : c’est le mélange de poésie et d’argot, allié à une véritable tendresse et à son ironie sans fards, qui font de Hrabal un des plus grands auteurs tchèques du XXe siècle. Il se dispute d’ailleurs ce titre avec Kundera, auprès de certains critiques littéraire.
Parmi ses ouvrages traduits en français, le magistral Trains étroitement surveillés sur le thème de l’Occupation en Tchécoslovaquie ; Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, où tout sourit à un jeune garçon de café dans les temps troublés de la guerre, sans qu’il ne se pose d’états d’âme ; Une trop bruyante solitude, l’un de ses plus célèbres chefs d’oeuvre qui raconte l’histoire d’un homme dont le métier est presser le papier et qui ne peut s’empêcher de lire les livres qu’il doit détruire ;
La chevelure sacrifiée histoire d’amour sur fond d’atmosphère de brasserie ; Vends maison où je ne veux plus vivre, recueil de sept nouvelles ; Les palabreurs, également un recueil de nouvelles mettant en scène les gens ordinaires sous le régime communiste ;
Les noces dans la maison, l’un des romans les plus autobiographiques de Hrabal, où l’on découvre l’écrivain dans sa maison de Libeň, et son extraordinaire aptitude à avoir exercé tous les métiers possibles et imaginables, source inépuisable d’inspiration pour ses romans.
A noter que nombre de ses ouvrages ont été adaptés au cinéma, dès les années 1960. Son nom est étroitement associé à l’une des grandes figures de la « nouvelle vague » tchèque, Jiří Menzel, à qui l’on doit de nombreux films tirés de ses livres, dont le dernier en date est Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, tourné en 2006. En 1996, la réalisatrice Věra Caïs a adapté Une trop bruyante solitude avec le grand Philippe Noiret dans le rôle principal.


