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Le gouvernement tchèque doit démissionner

Prague, octobre 2006 - Le Parlement a refusé d'accorder sa confiance au gouvernement de coalition du premier ministre Mirek Topolánek. En déplacement en Asie, le président Václav Klaus a fait savoir qu'il ne comptait pas nommer un nouveau premier ministre avant les élections communales et sénatoriales, qui doivent se tenir les 20 et 21 octobre prochain


Pour la première fois depuis l'indépendance en 1993 de la République tchèque, le Parlement n'a pas accordé sa confiance à un gouvernement. Formé le 4 septembre dernier après plus de trois mois d'âpres négociations les chances du premier ministre Mirek Topolánek de se voir accorder l'aval de la chambre basse étaient toutefois minimes. En effet, le Parti démocratique civique (ODS), n'avait obtenu qu'une courte majorité lors des législatives des 2 et 3 juin.

Avec 81 des 200 sièges, il devait obligatoirement compter très exactement sur les voix de ses alliés chrétiens-démocrates (13 sièges) et Verts (6 sièges) pour égaliser le score de la gauche (74 voix pour les sociaux-démocrates du ČSSD et 26 pour les communistes). Faute d'avoir pu dégager une coalition viable, son cabinet était composé de neuf ministres ODS pour un total de quinze, les autres étant des experts "sans étiquette". Il l'avait présenté comme un gouvernement de transition, en expliquant qu'il comptait organiser des législatives anticipées en juin 2007, sans qu'on sache bien sur quelle base juridique il espérait y parvenir.

Le Parlement en a décidé autrement. Le premier ministre et deux ministres ODS s'étaient inopportunément attiré les foudres du ČSSD en fin de semaine dernière en avançant sans preuves que son prédécesseur, le social-démocrate Jiří Paroubek, était impliqué dans une affaire d'écoutes. Le Parlement a aussitôt voté une motion demandant sa - démission - ce à quoi la loi ne l'oblige pas. Topolánek avait par ailleurs tenté de s'attirer les grâces des chrétiens- démocrates par la promesse d'une ratification rapide d'un traité avec le Vatican, et celle des Verts en renonçant à construire deux nouvelles tranches de la centrale controversée de Temelín. Des avances visiblement insuffisantes, ses alliés craignant d'être tenus pour responsables de choix qui, faute de majorité, n'auraient pas été les leurs.

Selon la loi tchèque, suite à cet échec au Parlement, le gouvernement est contraint à démissionner. Pour autant, la Constitution tchèque ne prévoit d'élections anticipées qu'après les échecs successifs de trois propositions de gouvernement. "Nous avons derrière nous une première tentative, nous sommes plus proches maintenant des élections anticipées", a déclaré - Mirek Topolánek à l'issue du vote parlementaire. En déplacement en Asie, le président Václav Klaus a fait savoir qu'il ne comptait pas nommer un nouveau premier ministre avant les élections communales et sénatoriales, qui doivent se tenir les 20 et 21 octobre prochain. Son premier ministre pourrait se voir donner une seconde chance. S'il échouait à nouveau, ce serait au porte-parole de la chambre basse, qui est membre du parti social-démocrate ČSSD, de nommer son remplaçant. Quoi qu'il en soit, si la crise persiste, une hypothèse fort probable, de nouvelles élections devraient avoir lieu.

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