Le magazine Reflex publie un document confidentiel et comprométant sur une discussion entre Nicolas Sarkozy et Mirek Topolanek
28 novembre 2008 - Depuis hier, à Prague, Nicolas Sarkozy et le premier ministre tchèque, Mirek Topolánek sont au centre d’un scandale diplomatique. L'hebdomadaire "Reflex" a publié, en effet, ce jeudi, ce qu'il présente comme des extraits de la transcription d'un entretien entre le président français et Premier ministre Mirek Topolánek. Si cela était avéré, cela pourrait provoquer des remous au sein de l’Union Européenne.

Nicolas Sarkozy et le premier ministre tchèque, Mirek Topolánek (photo: France.cz)
"Savez-vous ce que cela signifie d’être seul face à tous ces Arabes ? De les avoir au téléphone ? Les Arabes sont difficiles à gérer, vous savez."
Réponse du président tchèque : "Oui, je sais, j’ai eu l’occasion d’en faire l’expérience. Nous avons eu quelques problèmes en Orient. Mais je sais pourquoi vous dites cela : l’Union pour la Méditerranée est votre bébé. Sans l’argent de la France, il ne survivra pas."
Le président français propose alors un accord. "Ecoutez-moi. Vous deviendrez le leader de l’Europe de l’Est. Vous aurez besoin de moi. Je serai toujours au pouvoir, je ne suis pas prêt de partir. Qui croyez-vous que je préfère ? Angela (Merkel) ou vous-même ? Je vous aiderai et je suis sûr qu’à la fin de votre présidence, vous aurez la même autorité que la France vis à vis de l’Union pour la Méditerranée. Soutenez-moi aujourd’hui et je vous défendrai plus tard."
Les deux hommes évoquent ensuite les projets européens dans la lutte contre le réchauffement diplomatique et l’opposition italienne à ces projets. Réplique de Nicolas Sarkozy : "Silvio (Berlusconi) dit toujours non et à la fin, il dit toujours oui. Il n’osera jamais sauter du train européen."
Les services du ministre Karel Schwarzenberg ont affirmé jeudi par voie de communiqué qu'ils avaient "évidemment" fait une erreur et qu'une enquête serait menée sur cet "incident inacceptable".
L'ambassadeur tchèque Pavel Fischer, qui dit avoir assisté à l'entretien Topolánek-Sarkozy, conteste la véracité des propos rapportés par "Reflex". "J’ai assisté à la totalité du rendez-vous entre Messieurs Sarkozy et Topolanek et je ne peux confirmer la teneur de ces dialogues. Je pense qu’il est particulièrement dangereux de publier de tels articles à un moment où l’on a besoin de plus de confiance entre les membres de l’Union Européenne."
L’Elysée a lui aussi fermement démenti la véracité de ces retranscriptions. "Cette histoire est une invention complète, a expliqué Franck Louvrier, conseiller presse de Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas d’où cela vient mais je suppose qu’il s’agit de quelqu’un qui veut nuire aux intérêts français. ."

