Le Parlement a changé de bord
Prague, juin 2006 - Les 2 et 3 juin derniers les Tchèques ont voté pour la droite libérale menée par Mirek Topolánek un pragmatique à qui l'on reproche de ne pas avoir de charisme. C'est à lui que revient la lourde tâche d'instaurer un gouvernement provisoire. Il va devoir jongler avec une opposition plus que forte et un Jiří Paroubek plus que motivé à faire entendre sa voix

Né le 15 mai 1956 dans l'est de la République Tchèque, il est le fils d'un ingénieur et d'une pharmacienne. Pendant la dernière décennie du communisme, il ne fait partie ni du Parti Communiste, ni de la dissidence, il se consacre à sa famille. Après la chute du régime il entre dans les affaires et débutera sa carrière politique qu'en 1994. Cet inconnu du grand public devient Chef du Parti Démocratique Civique (ODS) en 2002 à la surprise générale. Il saura se faire apprécier par un langage moins policé et technocratique que Václav Klaus, l'actuel Président de la République. Son esprit d'équipe séduit. Il n'hésite pas à mettre en avant ses lieutenants et ses leaders régionaux. Petit à petit, l'ODS avance ses pions. Il acquiert la majorité au Sénat ainsi que dans les trois quarts des mairies et des assemblées régionales, sans compter la présidence de la République.
Les 2 et 3 juin derniers les Tchèques votent et choisissent donc Mirek Topolánek, le candidat d'une droite eurosceptique, anticommuniste et libérale. Václav Klaus le charge de former un gouvernement provisoire. La tâche est jourde. L'ODS et ses alliés (les Verts et les Chrétiens Démocrates) ont totalisés 100 sièges dans un parlement qui en compte 200. 2galité parfaite avec l'alliance rivale (les Sociaux Démocrates CSSD de Jiří Paroubek et les communistes). L'opposition sera sans conteste pesante. Le leader des CSSD et accessoirement premier ministre sortant met du temps à accepter sa défaite. Auteur d'un discours post-électoral où il met en doute les résultats des élections, Jiří Paroubek s'attire les foudres de la population. 2000 personnes ont manifesté mardi 6 juin sur la place Wenceslas à Prague pour exiger sa démission. Selon Jan Šinágl, l'organisateur de la manifestation, "le maintien de Paroubek dans ses fonctions est une honte pour nous tous et pour les sociaux-démocrates également". Le perdant des élections a bien été contraint d'admettre son échec mais a promis de rentrer dans l'opposition.
Marion Gamot
Photo: www.idnes.cz


