Le Procès de Kafka en BD
Prague, avril 2006 - Adapter Le Procès de Franz Kafka à l'univers de la BD, c'est le pari de deux jeunes auteurs français, Céka et Clod. L'un vient de la publicité, l'autre est illustrateur. Les deux se sont rencontrés puis réunis dans la BD. Même si certaines pages ne contiennent que peu de texte, les auteurs ont su recréer l'ambiance tantôt angoissante, tantôt drôle de Kafka

Le Procès est l'histoire d'un homme, employé de banque à priori tout à fait respectable, réveillé un matin, accusé d'on ne sait quel crime, pour on ne sait quelle raison. Ainsi commence la triste histoire de Joseph K. Aucune issue ne se profile à l'horizon. Le personnage cherche à savoir pourquoi on l'accuse mais la loi elle-même finit par se retourner contre lui. Au fil de l'histoire, son destin s'assombrit. L'exécution brutale de Joseph K. devient alors la seule porte de sortie, même si ce héros espérait encore être secouru à l'heure de sa mort.
L'adaptation du Procès en BD vient de paraître aux éditions Akiléos. Il s'agit de la première collaboration de Clod et Céka. Après avoir travaillé dans la publicité en tant que créatif, Céka a décidé de se consacrer uniquement à la passion qui l'anime depuis tout petit, la BD. Clod, quant à lui est un illustrateur autodidacte. Il a travaillé pour la presse ou l'édition et son attachement à la BD a eu raison de ses huit années de travail salarié.
La "traduction" d'une uvre littéraire de plusieurs centaines de pages en une BD ne se fait pas sans mal. Il a donc fallu faire des choix. "Avoir à choisir a été le côté le plus terrible pour moi", confie Céka à Sceneario (www.sceneario.com/sceneario_interview_kafka.html). L'histoire se concentre donc sur le procès lui-même. Les auteurs ont également choisi de na pas tenir compte de certains personnages secondaires. Mais grâce à leur graphisme original et expressif, l'univers kafkaïen n'a rien perdu de sa mélancolie. Ainsi comme déclare Clod "nous voulions qu'une seule image puisse, à elle seule, remplacer ce que Kafka exprime en plusieurs pages". Á grands renforts de situations burlesques, de personnages caricaturaux, Céka et Clod ont également cherché à mettre en valeur une qualité parfois oubliée de l'auteur, l'humour. Notons aussi une petite lueur d'espoir avec l'importance accordée à Léni, personnage féminin porteur, selon Céka du "message subliminal: l'amour peut peut-être nous sauver de la mort?".
Article: Marion Gamot


