Qualité vs quantité
14 avril 2009 - Alors que la récession menace la République tchèque, le gouvernement réexamine les finances publiques et les réformes mises en place avant que la crise ne frappe le pays. Dans ce contexte, le Ministère de l'Industrie et du Commerce [1] vient de proposer un amendement à la loi accordant des mesures incitatives aux compagnies et aux investisseurs étrangers.

Le triangle industriel de Žatec, en Bohême du nord à sa création en 2007… Hitachi avait reçu de nombreuses subventions pour s’y installer . La compagnie a annoncé en mars 2009 le licenciement de plus de 800 personnes
Cet amendement, approuvé fin janvier 2009 par le Parlement, supprime ces mécanismes à destination de l'industrie manufacturière, pour les remplacer par des soutiens spécifiques aux activités de recherche, R&D et technologiques. L'objectif est de favoriser les projets à forte valeur ajoutée, présentant un potentiel important à l'exportation. La loi initiale, qui date de 1998 et qui a déjà connu plusieurs amendements, était destinée à stimuler les investissements directs étrangers (FDI) et à doper l'emploi. Suite à son adoption, l'Agence nationale CzechInvest [2] avait été créée, afin d'attirer ces investissements et d'encourager l'entreprenariat.
Le Ministère a commandité une étude à l'Université Economique de Prague sur les effets des ces mesures incitatives sur la croissance économique tchèque.
L'étude a montré une grande disparité régionale dans l'attribution de ces aides, qui ont bénéficié majoritairement à des sociétés localisées dans les régions où le PIB est le plus élevé (Prague et la Bohême centrale).
Par le programme était peu efficace dans la lutte contre le déséquilibre régional en matière d'emploi. Encore plus parlant, elle montre que le coût associé à la création d'un emploi dépasse souvent la limite fixée à 1,6 MKc (57 K euros), atteignant parfois plus de 10 fois ce seuil ! Ainsi de nombreuses entreprises, qui ont bénéficié des mesures incitatives, n'ont pas été, ou ne sont pas, en mesure de "rembourser l'Etat", notamment en terme d'emplois.
Le soutien à des secteurs technologique, jugés plus sophistiqués, est perçu comme devant permettre d'accroître la compétitivité des entreprises et de favoriser le développement économique.


