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Une legende du jazz s'est eteinte

Prague, juin 2006 - Vlasta Průchová était une grande chanteuse de jazz. Décédée ce 19 juin des suites d'une longue maladie, elle avait grandi dans un univers musical. Adulte, son mari l'a accompagnée de même que son fils devenu un artiste reconnu de la scène musical internationale. Même si le régime totalitaire de l'ancienne Tchécoslovaquie a longtemps mis des bâtons dans les roues de cette grande dame, personne n'aura réussi à lui ôter sa passion viscérale pour le jazz


Vlasta Průchová était une chanteuse tchèque de renom. Le jazz la faisait vibrer. Née en 1926 à Ružomberok, en Slovaquie, elle fut élevée par des parents Moraves. Elle s'intéresse très tôt à la musique grâce à des parents tous deux bons chanteurs. Son père a par la suite dirigé l'hôpital militaire de Ružomberok. Tandis que sa mère continuait à étudier la musique au conservatoire de Vienne. Lla musique a suivi Vlasta Průchová toute sa vie. En 1941, elle rencontre à Zlin, en Moravie, l'étudiant en médecine et musicien de jazz Jan Hammer avec qui elle partagera sa vie jusqu'en 1992.

Avant l'instauration du régime communiste en 1948, Vlasta Pruchova a entamé un début de carrière prometteur. Elle avait l'habitude de se produire dans certains des nombreux clubs de jazz de Prague. Pendant la période communiste, le régime a longtemps joué en la défaveur de Vlasta Průchová. Elle était devenue le symbole d'une musique "américaine" que les autorités de l'époque n'appréciaient guère. Ce gouvernement totalitaire et prosoviétique ne lui pardonnera jamais non plus l'émigration aux Etats-Unis de son fils, le célèbre musicien Jan Hammer Jr. (Miami Vice). Les portes des studios d'enregistrement resteront très longtemps fermées pour Vlasta Průchová.

Le jazz elle l'avait dans le sang et n'a jamais abandonné sa passion. "J'aurais pu chanter de la musique pop, évidemment. J'aurais pu gagner de l'argent. Mais quand vous chantez du jazz, vous n'avez ni l'argent, ni la gloire. Donc vous ne le faîtes que par amour, rien que par amour". Elle réussissait à passer à travers les mailles du filet communiste grâce à son travail d'animatrice pour le concours télévisé et radiophonique "On cherche la chanson pour une journée ordinaire". Elle devint alors très populaire et profite d'un court dégel au début des années 1960 pour organiser un festival de jazz. Il fut le premier en Tchécoslovaquie et bénéficia de l'illustre participation de Louis Amstrong. Aujourd'hui il ne reste malheureusement qu'un seul et unique album de cette passionnée du jazz. Elle n'a pu l'enregistrer qu'en 1992, tout juste trois ans après la "Révolution de velours".

Marion Gamot
Photo: www.radio.cz

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