Le retour des moines trappistes
Nous voilà enfin arrivés à Nový Dvůr, en République tchèque, un monastère où vivent des trappistes, français et tchèques, un bâtiment unique dont la construction a débuté en juin 2001. Face à moi se dresse le premier monastère érigé dans ce pays depuis la fin du XIVe siècle. Texte et photos: Elizabeth Salzmann

Le monastère de Novy Dvur, ancienne ferme des prémontrés
(photo: Elizabeth Salzmann)
Si la présence de vie dans ces champs de solitude peut surprendre, la création d'un monastère dans un pays aussi éloigné de la religion l'est tout autant. Ici, 49 % de la population se proclame athée et le diocèse de Plzeň, où les moines ont choisi de s'installer est l'un des plus déchristianisés d'Europe. Les catholiques pratiquants ne représentent guère plus de 1 % de la population. Pourtant, une vingtaine de moines vivent ici.
Neuf originaires de l'Abbaye de Sept-Fons, la maison mère située près de Dompierre dans l'Allier mais tous les autres sont de jeunes tchèques arrivés ces quatre dernières années."Cette jeune communauté qui grandit et dont la moyenne d'âge est de moins de 30 ans, témoigne d'un véritable miracle de dieu" nous confie Père Samuel, premier abbé de Nový Dvůr.
Cette aventure dantesque, comme il la qualifie lui-même, a débuté en 1991, deux ans après la chute du communisme, avec l'arrivée de tchécoslovaques à Sept-Fons. Influencés par la lecture de "la nuit privée d'étoiles" de Thomas Merton, quatre jeunes hommes accompagnés du vicaire général du diocèse de Brno se sont lancés dans un tour d'Europe occidentale des abbayes trappistes.
Leur court séjour à Sept-Fons va être toutefois décisif puisque quelques mois plus tard Frère Martin va y recevoir l'habit. Petit à petit, des tchèques intéressés à la vie contemplative - on en dénombrera plus d'une centaine - arrivent en Auvergne... (suite de l'article dans la version imprimée du magazine)


