Milada Horakova;, une femme d'honneur
Si le XXe siècle est à bien des égards le siècle de la femme, du combat pour plus d'égalité avec les hommes, cette quête va de paire avec une égalité dans la souffrance, peut-être encore plus marquante que par le passé, parce que plus visible. La députée tchèque Milada Horáková, exécutée en 1950, en est le meilleur et plus tragique exemple. Article: Anna Kubišta

Milada Horakova
(photo: Archives nationales)
"Nous avons longuement discuté de ce qu'on appelle la conviction. Car mes actes étaient motivés par mes convictions. Je dois dire que la Sécurité d'Etat et ses organes ont fait montre de plus de patience pour me convaincre que moi, après février 48, pour me persuader que les violences et les injustices qui étaient à l'origine de mes actes étaient réelles ou passagères. Tels sont les mots de Milada Horáková dans son discours final devant le tribunal d'Etat.
Quelques jours plus tard, elle sera pendue. Lorsqu'elle prononce ces paroles, cette femme de 49 ans qui a déjà derrière elle un long passé de résistance et de participation militante et engagée à la politique, ne se fait sans doute déjà plus d'illusions devant le sort qui va lui être réservé.
Pourtant, elle ne flanche pas, fait face à ses juges, et parle en âme et conscience, alors que d'autres iront dans le sens de ce que leurs bourreaux voulaient leur faire dire. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles ce discours n'a jamais été diffusé à la radio publique comme il aurait dû l'être.
Ce n'est qu'à l'automne dernier que, retrouvée par hasard dans des archives d'Etat, la bobine a été mise en onde. 1948: le coup de Prague porte les communistes au pouvoir, et très vite, la Tchécoslovaquie s'aligne sur Moscou.
Pour faire courber l'échine des réfractaires, il faut instaurer un régime de terreur constant, et ... (la suite de l'article dans la version imprimée du magazine)


