Nous, citoyens de 1968 par Vaclav Havel
Le 21 août 1968, les chars russes entraient en Tchécoslovaquie, mettant fin au « Printemps de Prague ». Ce texte a été écrit de Prague le 12 juin 1998, à l’attention des participants à un colloque « 1968 : Printemps tchécoslovaque ».

Valav Havel, lors de l'entrée de la République tchèque dans l'Europe
(photo: CzechTourism)
L’année 68 a été avant tout celle d’un renouveau civique, d’une restauration de la dignité humaine, de la confiance en les capacités et les possibilités des citoyens de changer la société. Dans bon nombre de pays européens, l’année 1968 est perçue comme un important tournant historique, une borne jalonnant l’évolution de la société moderne.
L’expérience tchèque diffère pourtant considérablement des luttes contre l’establishment et des troubles estudiantins vécus à l’Ouest de l’Europe.
Toute réflexion sur « soixante-huit » est associée, dans mon pays, au souvenir ambigu, se prêtant à plusieurs lectures du processus de démocratisation, dit Printemps de Prague et de son étouffement violent par les troupes du Pacte de Varsovie.
Il est vrai que la thématique tchécoslovaque avait la cote dans l’opinion publique à l’étranger et générait des sympathies, mais les milieux politiques occidentaux considéraient souvent cette émancipation tchécoslovaque comme une déstabilisation potentielle et, somme toute, indésirable du statu quo européen, au lieu d’y voir une tentative d’expression pluraliste, de la part des nations européennes autonomes. (La suite de l’article dans la version imprimée du magazine).


