Dvořak : l’histoire redécouverte
Dvořak est assez peu connu en France si ce n’est pour son nom imprononçable et pour deux de ses œuvres –la Symphonie du nouveau monde et les danses slaves. Un nouvel ouvrage d’une remarquable richesse vient de lui être consacré. Au travers d’un jeu de question-réponse, son co-auteur,Alain Chotil Fani nous permet de redécouvrir ce musicien d’exception.

Zlonice où Dvorak étudiait
(photo: CzechTourism)
Qui est Antonín Dvořak Peut-on le comparer à d'autres compositeurs tchèques? Il a connu à la fois Smetana, qui l’a dirigé au concert, et Janacek qu’il conseilla à titre amical. A ce titre Dvořák est au centre d’une école nationale en pleine mutation, à la fois en tant que spectateur et acteur. En effet, il a engendré une école de composition fertile : Josef Suk, Vitezslav Novák, Oskar Nedbal furent ses élèves. Sa position au sein de la musique tchèque est donc privilégiée.
Ce serait toutefois un tort de ne le réduire qu’à cela. Sa musique s’adresse à tous et n’est en aucun cas confinée à sa Bohême natale. C’est pourquoi je situerais la place d’Antonín Dvořák au cœur d’une tradition musicale universelle, et non sur un chemin de traverse pittoresque. En cela son nom rejoint ceux de Haydn, Schubert, Schumann, Fauré ou Mahler, parmi tant d’autres.
Le jeune Dvořák grandit et vit à l’époque des Habsbourg. Il apprend d’ailleurs l’allemand. Peut-on dire alors qu’il est vraiment tchèque ? Je n’aurais pas la prétention de définir ce qu’est un « vrai » tchèque… Aussi me contenterai-je de rappeler quelques faits : il n’a jamais accepté de composer un opéra en langue allemande ; il a toujours refusé de s’installer à Vienne, en dépit de l’insistance de Johannes Brahms ; il a insisté pour que les échanges épistolaires entre la chorale Hlalol avec l’éditeur britannique Novello utilisent l’anglais ou le français, mais surtout pas l’allemand, « pour ne pas qu’il s’imagine que nous sommes des Allemands ici en Bohême ! »Tout cela me paraît révélateur d’un très fort attachement à son pays natal.


