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Le one-man show de Lukáš Bauer

A peine la championne olympique Kateřina Neumannová avait-elle décidé d’arrêter la compétition que la République tchèque avait un nouveau champion du monde de ski classique. Le style souverain qui permet à Lukáš Bauer (31 ans) de battre ses adversaires à de quoi surprendre. Pendant l’été 2007, avant le début de sa saison triomphale, il envisageait encore de mettre un terme à sa carrière. Mais il a réussi à remporter la prestigieuse série Tour de ski et la Coupe du monde de ski de fond. Article : Tomáš Poláček (MF Dnes).


Les vainqueurs du Tour de Ski 2008 - Lukáš Bauer au centre avec l´Allemand René Sommerfeldt et l´Italien Piller Cottrer (photo: M . S i d o r j ák)

Quelle odeur a pour vous la neige ? Je ne sens que l’air cinglant et glacial, mais jamais d’odeur. Je ne sens que le fart (substance appliquée sous les skis, pour une meilleure adhérence ou une meilleure glisse, ndlr) : certains types sentent mauvais, d’autres sentent bon.  

Vous préférez alors ceux qui sentent bon ? Il y en a un type qu’on applique pour la neige mouillée qui sent bon les aiguilles de pin. Alors, c’est vraiment agréable d’aller dans le local et d’enfiler mes skis de compétition.  

Vous aimez la neige depuis tout petit ? Oui, mais longtemps, je n’ai pas voulu enfiler de skis. J’aimais faire des batailles de boules de neige, faire du bob, j’aimais construire des tunnels et des bunkers dans la neige. Mais demandez à mes parents : quand je devais aller à l’entraînement, je m’asseyais sur les marches et je pleurais.  

Mais vos parents ne se sont pas laissé attendrir... Ils voyaient bien que j’étais infatigable, que j’étais turbulent, alors ils m’ont envoyé dans un groupe spécial à Ostrov nad Ohří. Ils m’ont forcé à faire du sport pour que je ne casse pas les fenêtres. Et finalement, ça m’a plu. Au gymnase, il y avait des tas d’enfants, on jouait au ballon prisonnier, et on allait s’amuser plutôt que de faire du ski. J’ai fait des bêtises comme ça jusqu’à la fin de l’école primaire. L’entraînement se déroulait dans une maison de campagne où on faisait cuire des saucisses autour du feu, et quand il y avait des compétitions, notre meilleur score c’était à la moitié du terrain de départ.   

Etiez-vous particulièrement doué en ski ? Sans doute, mais quand je suis arrivé à Karlovy Vary, les autres étaient largement en avance par rapport à moi. Pas seulement en ski, mais aussi en foot par exemple. Je suis un peu raide comme un bâton quand je dois passer ou lancer un ballon, j’avais toujours des problèmes et personne ne voulait de moi dans l’équipe. Les entraîneurs de ski à Ostrov se souviennent toujours d’avoir passé un an à m’apprendre qu’en ski classique, on commence par la jambe gauche, puis la main droite et inversement. Je faisais à chaque fois n’importe quoi.  

Où sont passés tous ces autres talents du ski ?  Beaucoup d’entre eux se sont reposés sur leurs lauriers, et ne s’entraînaient pas. Au moment où ils auraient dû commencer, ça s’est terminé pour eux

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