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Le passé retrouvé... Entretien avec le comte Kinsky

Soyons honnêtes Le château de la famille Kinský, à Zdar nad Zazavou par une glaciale matinée d'hiver, ne peut être comparé au palais des mille et une nuits. Sans un touriste, le musée familial est fermé, il règne sur cette demeure, une atmosphère de belle au bois dormant. Un peu soucieux de découvrir que Monsieur le Comte est conservé dans de la naphtaline nous sursautons en le voyant s'approcher de nous à grand pas. Là, la surprise est de taille.  Texte: Elizabeth Salzmann.


Le comte Kinsky, Un exemple de combativité et de courage (photo: Jan Sibik)

Les révolutions ne sont jamais agréables... Heureusement, ma famille ne vivait pas en Russie où, à cette même période, l'on brûlait les châteaux. Mais s'il est certainement difficile d'évaluer alors la souffrance que l'on éprouve, je ne pense pas que ma famille en particulier ou la noblesse, en général, ont été plus persécutées à cette période en Tchécoslovaquie, que d'autres personnes. Toujours est-il que, nous avons vu tous nos biens nationalisés, notre demeure a été pillée et nous avons fini par en être expulsés.

Avant toute chose, il s'agissait de survivre, par tous les moyens. Mes parents avaient réussi à quitter le pays en juin 1949. A l'époque je faisais malheureusement mon service militaire et je n'avais donc pas pu partir légalement avec eux. Tous nos biens avaient disparu, et j'ai appris à me battre pour vivre…

J'ai réussi à quitter la Tchécoslovaquie en 1958, mais j'ai eu énormément de chance. Invité pour la première fois à un colloque professionnel en France, je n'ai pas pris le train du retour. Mon exil aura duré 33 ans. Je suis finalement devenu directeur de recherche à l'INSERM. Mes enfants (deux fils) sont nés en France. Mais j'ai toujours fait attention à ne pas oublier nos racines et nous avons parlé le tchèque à la maison. Finalement, cela leur aura servi. Mes deux fils ont fait Science-po, et l'un d'eux est d'ailleurs revenu au sein d'une banque française travailler à Prague.

Bien sûr, tout de suite après les événements et la Révolution de velours, j'ai demandé ma mutation et ma femme et moi sommes rentrés en République tchèque...(La suite de l'article dans la version imprimée du magazine)

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